SPORTS

Nos meilleurs sports traditionnels sont les sports équestres et le maniement du bâton, le matrag comme on dit chez nous. C'est ce que nous ont légué nos aïeux. Ces sports ancestraux sont pratiqués dans tous les pays du monde sous différentes appellations.

Chaque mois de Ramadan, après la prière des taraouih, nous assistons sur la place publique en face de l'ancienne mairie des parties dignes de grands champions. Je vous promets, inchallah, une vidéo d'une belle partie.

Nos aïeux jouaient aussi de la kora. Un ballon de tissu que l'on dirige vers le camp adverse avec des bâtons. Je ferai en sorte de vous ramener le jeu et ses règles dans les plus brefs délais. Aidez-moi de votre côté dans mes recherches, s'il vous plait.

Je vous parlerai aussi des sports équestres chez nous.

Mon ami Adda Benyoucef Mohamed, rahimahou Allah, que nous appelions Adda tout court, était un féru de football et de politique. Il m'a demandé un jour: "Tu n'as pas placé un mot depuis tout à l'heure."

Oui, je n'ai pas placé un mot depuis plus d'une heure. Zéro mot. Je n'écoutais même pas ce que disaient mes amis. Par contre les autres en venaient presque aux mains. Il discutaient de football et de politique.

- Ben, lui ai-je répondu, c'est que je ne suis pas un féru de football.

- Et la politique?

- Je ne sais pas ce que c'est, lui rétorquai-je.

- Mon ami, tu es vraiment libre et indépendant.

Je crois que vous avez compris. Je hais le football et c'est ce que vous attendiez dans cette rubrique. Bien évidemment, je ne vous lâcherai pas. Voili voilà! Mais la politique, jamais de la vie. Je ne suis pas menteur!



24.02.2008  Plus de soixante ans de football.

 

La balle ronde était leur passion. Tous nos aînés que vous voyez déambuler oisifs vous le diront. Ils sont septuagénaires et certains d'entre eux nonagénaires même. Ils l'appelaient "kora". Demandez à BOUSSEROUEL Noureddine dit Hadj M'hamed, BENADDA Hadj Belkacem, BENBAHOUNA Hadj Hebri ou à leurs copains d'antan, ils vous le confirmeront. A la différence du football, on faisait avancer la balle en chiffons à l'aide d'une batte. Le nombre de joueurs variait selon la disponibilité des effectifs. Il varie généralement entre trois et cinq par équipe. Les règles étaient à quelque chose près semblables à celles du football moderne. J'aurais mal vu les Hararta, combattants aguerris dans l'armée de l'Emir Abdelkader et Bouamama, ne pratiquant aucun sport hormis le maniement du sabre et les sports équestres. Il faut être en forme et trouver de quoi remplir son temps libre.

C'est en 1946, sur une proposition du riche entepreneur musulman, le Moudjahid qui n'a jamais revendiqué ses droits, M. LADJADJ Lazreg, que fut créée l'Association Sportive Zemmoréenne. Il avait trente neuf ans à cette époque. Il avait bien mûri son idée, car depuis 1935, il organisait des tournois entre jeunes de l'époque.


 Il réussit son coup, exactement, le 25 février 1946, six mois après la fin de la seconde guerre mondiale. C'est tout à fait normal qu'il élu ne soit pas président du club. Le président du club, Jean Lubrano était plus intéressé par les revenus du stade municipal qu'il gérait. Lazreg était un arabe en chéchia et pieux musulman doublé d'un très grand gaillard brun. Je vous garantis qu'il pouvait soulever un tracteur d'une main. Il remplissait toutes les conditions pour passer de vie à trépas. Je me demande par quel miracle il a survécu jusqu'à l'indépendance de l'Algérie et que sa fille Mimi lui offrit le plus beau cadeau de sa vie. Elle occupe un poste de chercheur aux Etats Unis d'Amérique. Une fierté pour nous tous. M. LADJADJ a même fait de la prison. Comme tous ses copains d'ailleurs. Je citerai BELAMRIA Harrat, BENADDA Abdelkader, BENADDA Abdellah, Kerroum Abdellah, CHEMREK Miloud, BOUSSEROUEL Abdelkader, BOUSSEROUEL Nouredine, les chouhada BOUSSEROUEL Mohamed, BOUSSEROUEL Lakhdar,  BELMILOUD Chaâbane, BELAMRIA Benaïssa, LAMDJADANI Menouer. Des centaines d'autres et je m'excuse de ne pouvoir les citer tous.

Assemblée créatrice de l'ASZ
 

  

Président de l'association, Jean Lubrano. Vices-présidents : Denis Soulas et Edouard Lissare. Secrétaire, Bendahman Dahman. Secrétaire-adjoint, Pierre Costa. Trésorier, Gaston Dran. Trésorier-adjoint, Bendahman Mohamed. Directeur sportif, Pierre Guerrieri. Et en plus, dix assesseurs: Francisque Renault, Victor Thomas, Lucien Benallal, Ladjadj Lazreg, Vincent Lubrano, Benaouda Bencharef, Gilbert Soulas. Sur une seconde page que je n'ai pas reproduit figurent François Rayna et Alfred Chatain. Ils sont dix-huit en tout.


 

Dès le 19ème siècle, nos aïeux revenus de leurs longs périples tels le meddah et troubadour khali Baghdad DAOUDI, les survivants de la campagne de Crimée, les libérateurs de l'Europe durant les première et deuxième guerres mondiales mettaient dans le bain leurs concitoyens. Ammi Miloud BENABDELKADER, alias Miloud le bandit, revint à Zemmora au début du siècle avec plein de leçons sur l'amour de la patrie et de la liberté. Il revint de Syrie où il séjourna pendant des années. Personne ne comprenait son amour pour l'ASZ. C'était d'abord un grand amour pour les siens.

Et commença la grande aventure avec ses hauts et ses bas.

Il fallait bien composer avec les musulmans, car les indigènes ne manquaient pas de bons joueurs. Et à l'instar des équipes aînées telles le RCR, Rapid Club Relizanais, créé en 1935 et le MCA, Mouloudia Club d'Alger créé en 1921, il fallait coûte que coûte dominer le terrain. Quitte à perdre sa vie. Nos aïeux étaient plus attirés par Alger et Constantine et vous m'aurez compris que je sous-entend l'Association des Oulémas Musulmans. Ce fer de lance du nationalisme algérien avait tissé une belle toile chez nous dès les années 1930. Les activistes, le chahid BOUSSEROUEL Mohamed et BELATRECH Hadj Brahim qui a failli perdre la vie à Fès au Maroc ne manquaient pas à l'appel des agitateurs qui prônaient le boycott ou la domination du terrain par les autochtones. Le premier était en relation avec le journal El Bassaier édité par les Oulémas et le second un jeune boursier de l'Association des Oulémas de retour de Fès au Maroc où il a failli perdre la vie. Voilà pourquoi les yeux étaient plus tournés vers Alger et Constantine sur Benbadis, El Ibrahimi, Larbi Tebessi, Cheikh El Okbi, El Zahiri, Aftich et d'autres penseurs et nationalistes Tlemcen avait sa côte avec la Zaouia Hebria dont le Cheikh avait un pied à terre chez nous comme il aimait le dire. Il se sentait chez parmi les enfants de Sidi Harrat et en particulier chez BOUSSEROUEL Abdellah.  

Qui de nos anciens ne se rendait pas au stade, non pas pour l'amour du football, mais pour l'amour de l'ASZ, cette équipe qu'ils voulaient composée de leurs enfants. Jusqu'à sa mort à un âge avancé LAMDJADANI Djillali Belemdjed a supporté ce grand club. A ma connaissance, le plus vieux supporter encore en vie est BELAHMAR Abdelkader dit Kaya; un récidiviste du stade qui, malgré cette grosse brique, lancée de l'extérieur de l'enceinte et qui lui fendit le crâne, ne baissa pas les bras. Il répondait toujours "présent" même pour les matchs amicaux. LAMDJADANI Benaouda, le vieux BELGHOUL Mohamed, AGGAB Mohamed, ALLAM le gardien du stade, MAGHRAOUI le maire et beaucoup d'autres qui ne sont plus de ce monde ont laissé des traces indélébiles dans nos coeurs d'enfants.


Zemmora est un fief insoupçonné du nationalisme algérien. ce n'est qu'après 1962 que les langues ont commencé à se délier. Si l'on parle encore de Zemmora et des Hararta à Tlemcen, Mascara ou Paris c'est qu'il y a de quoi. Ferhat ABBAS, un ami de longue date de M. LADJADJ Lazreg n'a jamais révélé qu'il trouvait parfois gîte et couvert à Zemmora, là où a étudié Ali BOUMENDJEL. Oui, Ali BOUMENDJEL et son frère ont vécu et étudié à Zemmora parmi les Hararta, une grande école du patriotisme. J'y reviendrai en détail, inchallah.

A suivre... 


 

 

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